Avril 2025
Le plan d’adaptation au changement climatique en France
Le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique (PNACC) vise à préparer la France aux évolutions climatiques attendues, en complément des actions d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. L'objectif est de limiter les impacts négatifs du changement climatique et de profiter des opportunités potentielles. La France s'est dotée de cette stratégie dès la fin des années 1990, avec une première version du plan en 2011, suivie d'une deuxième version pour la période 2018-2022. Le troisième plan (PNACC-3) a été publié le 10 mars 2025, visant à préparer le pays à une hausse des températures moyennes de 2 °C en 2030, 2,7 °C en 2050 et 4 °C en 2100 par rapport à l'ère préindustrielle.
Une trajectoire de référence pour construire le plan
Pour la première fois, le PNACC s’appuie sur une trajectoire climatique de référence afin de définir le rythme d’adaptation et les politiques à mettre en place. Cette trajectoire prend en compte les engagements existants (scénario tendanciel) et implique une hausse des températures moyennes de 2 °C en 2030, 2,7 °C en 2050 et 4 °C en 2100 par rapport à l’ère pré industrielle. La trajectoire a fait l’objet d’une concertation auprès du public pour renforcer sa crédibilité, et doit être revue régulièrement en fonction des projections scientifiques.
Principaux Axes du PNACC-3
Le PNACC-3 est structuré autour de 5 axes principaux et comprend 52 mesures progressives pour enclencher des transformations en profondeur :
- Protéger la population : ce premier axe vise à renforcer les mesures de protection de la population face aux effets déjà perceptibles du changement climatique. Il inclut des actions pour préserver la ressource en eau et intégrer progressivement la trajectoire de référence dans tous les documents de planification publique. Parmi les mesures de cet axe, il y a notamment le maintien d’un système assurantiel abordable et disponible sur le territoire.
- Assurer la résilience des territoires, des infrastructures et des services essentiels : il s’agit de renforcer les infrastructures essentielles et les services publics, ainsi que pour adapter les modalités de travail dans la fonction publique face aux vagues de fortes chaleurs entre autres.
- Adapter les activités humaines : il faut assurer la résilience de l’économie française, notamment dans les secteurs les plus vulnérables au changement climatique : agriculture et industrie agro-alimentaire (enjeu de souveraineté alimentaire), la pêche, le tourisme et l’industrie du bois.
- Protéger le Patrimoine Naturel et Culturel : cet axe met l'accent sur la protection des écosystèmes et du patrimoine culturel face aux impacts du changement climatique. Il promeut les solutions fondées sur la nature (SFN) comme outil majeur d'adaptation climatique.
- Mobiliser les forces vives de la nation : il s’agit de mobiliser l'ensemble des acteurs (citoyens, entreprises, collectivités) pour intégrer l'adaptation au changement climatique dans leur quotidien. Cet axe inclut des actions pour sensibiliser et former les différents publics, ainsi que pour renforcer la gouvernance de l'adaptation au changement climatique.
Chaque axe comprend des mesures concrètes, parmi celles-ci on peut notamment citer le renforcement du Fonds Barnier qui finance les collectivités, les petites entreprises et les particuliers pour les aider à réduire leur vulnérabilité au changement climatique ; il y a également l’adaptation des logements au risque de fortes chaleurs, le renforcement de la résilience du système énergétique (le nucléaire est particulièrement concerné) et l’intégration des enjeux de l'adaptation dans les dispositifs d'aides aux entreprise.
Financement du plan
Le financement du PNACC n’est pas encore très précis (ce qui lui a d’ailleurs été reproché), mais on peut citer le renforcement du Fonds Barnier à 300 millions d’euros, le fonds Vert dont le budget est passé à 1,15 milliard d’euros en 2024 et dont 260 millions d’euros sont consacrés à l’adaptation, 1 milliard d’euros des agences de l’eau et 30 millions consacrés à la prévention du retrait-gonflement des sols argileux.
Le Haut Conseil pour le Climat a néanmoins critiqué l’absence d’un plan de financement complet pour le plan, les financements engagés restant largement insuffisants.
Sources :
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