Juin 2025

Propos liminaire

Ce numéro de la lettre FC2 est consacré à la conférence organisée en mai par la SICAV Fideas ACT for Climate, consacrée à la transition écologique comme de levier stratégique de compétitivité des ETI industrielles cotées. La conférence a réuni des ETI françaises cotées, des analystes, des actionnaires de la SICAV ActForClimate, d'autres institutions et investisseurs.

Cette transition est en effet le propos de la SICAV Fideas Act for Climate qui a finalisé son premier tour de table fin 2024 et qui vise le suivant dans une fourchette de 60 à 100M€. Elle investit en fonds propres dans des entreprises du segment small microcaps. Ces valeurs sont sélectionnées en collaboration étroite avec Montpensier-Arbevel.

La SICAV propose d’accompagner ces sociétés sur 5 ans avec le soutien d'experts dans la construction et l'engagement de leur plan de transition. Cet appui a été conçu en partenariat avec l'ADEME avec l’utilisation de la méthodologie ACT PAS A PAS.

La transition bas carbone a un mérite spécifique. C'est à la fois un acte à valeur extra financière, mais c'est aussi très directement, dans un monde qui change sous diverses pressions, un acte de bonne gestion, une nécessité, voire une opportunité économique et financière pour les entreprises.

C'est sur ce sujet d’alignement du financier et de l’extra financier qu’ont porté les 2 Tables Rondes. Modérées par Aurore Bardon, fondatrice et CEO de l'ESG Lab and Society, et introduites par Sylvain Waserman, président de l’ADEME.

Nous conservons le ton vivant des exposés oraux dans les textes, sans pour autant citer les participants mot pour mot.

Les interventions peuvent être retrouvées sur notre chaine Youtube ou sur LinkedIn aux adresses suivantes :

 

logo ADEME 

Introduction de Sylvain Waserman

Sylvain Waserman préside l’ADEME depuis un an et demi, après un passé de chef d'entreprise comme directeur général d'une ETI dans le domaine de l'énergie et d'élu local. Deux tiers de son activité consiste à discuter avec des entreprises.

Nous sommes rentrés dans une nouvelle ère de la transition écologique. Il y a 5 ans encore, c'était l'ère des visionnaires, des éveilleurs de conscience qui ont eu un rôle majeur. Aujourd'hui, nous sommes rentrés dans l'air de l'objectif chiffré, de l'indicateur de performance et de l'écart à l'objectif. En bref, un référentiel auquel on est habitué et qu'on apprécie parce qu'il permet d'évaluer concrètement l'avancée des sujets de transition écologique.

Le rôle de l’ADEME est essentiel. Elle est un opérateur de l'État qui gère 3,4 milliards d'euros à destination des entreprises et des collectivités locales. C’est donc un partenaire actif des entreprises, son rôle de conseil et de soutien commence là où la réglementation s’arrête : si c'est obligatoire, l’ADEME ne finance pas. En revanche, si c'est un libre choix, l’ADEME est aux côtés de ceux qui lancent et portent des projets de transition écologique.

Par exemple, la récupération de chaleur fatale : Il est absurde de voir des industries qui « balancent » leur chaleur aux petits oiseaux, et puis, à côté, de dépenser des fortunes pour construire un outil énergétique qui va produire la même chaleur que ce que dégage cette industrie. Il est donc logique de récupérer cette chaleur fatale. On a bien compris qu'on n’a pas le droit de balancer ses déchets dans la rivière d'à côté. Et on aurait le droit de laisser partir de la chaleur dans l'atmosphère ? L’ADEME intervient ainsi avec des financements pour inciter à récupérer cette chaleur. Il y a des exemples assez emblématiques, au Havre par exemple, où une grande raffinerie redirige sa chaleur pour les logements sociaux.

L’ADEME est toujours dans un rôle de partenariat, de financeur, avec des moyens financiers et d'expertise aux côtés des décideurs d'entreprise et des élus locaux qui choisissent de lancer des projets de transition écologique, qui prennent en compte 4 éléments clés.

  1. Le premier, c'est que je rencontre de plus en plus d'entreprises qui disent que prendre en compte le climat est une nécessité pour conserver leurs clients. Par exemple, un verrier dans l'Orne se lève dans une de mes réunions et me dit. Vous savez, le climat, c’est OK pour 2050 ; mais surtout, pour moi, 70% de mon chiffre d'affaires, ce sont les clients du luxe. Et ils m'ont clairement dit, en 2030, nous, on sera totalement décarbonés, donc nos fournisseurs devront l’être aussi. Donc ce sera avec vous ou sans vous.
  2. Le deuxième facteur, c’est que l'achat public aura des clauses environnementales obligatoires à compter de 2026. Donc il va bien falloir essayer quand on répond à un appel d'offre publique, de marquer les points sur la dimension environnementale. Il va bien falloir se différencier de façon tangible et opposable autrement qu'avec une petite plaquette sympa, parce que vous savez, tout le monde est plus vert que vert en 2040... Quand vous répondez à un appel d'offre, on va faire la différence entre sur la solidité et la qualité des éléments environnementaux.
  3. Le troisième facteur, c’est la finance. Dans le monde bancaire classique, on a de plus en plus d'institutions financières qui doivent flécher les financements par exemple sur des projets verts ou sur des entreprises qui sont dans un processus de décarbonation. Elles doivent rendre des comptes à leurs actionnaires sur ce qu’elles apportent à la transition.
  4. Et puis dernier point, un dirigeant d'entreprise doit présenter des matrices de risques à ses actionnaires. Aujourd'hui, une entreprise industrielle qui tourne au gaz naturel a quand même 2 questions. La première est évidemment la variation du prix du gaz. En 2022, ce prix a été multiplié par 10! Il y a des chefs d'entreprise qui me disaient, si ça dure 4 mois, je suis mort… La seconde, c’est qu’au-delà de ça, personne, ni dans cette salle, ni ailleurs d'ailleurs, ne sait combien coûtera de produire une tonne de carbone dans 5 ans.  Ça signifie que, quand j'ai mon business plan et mon équilibre, je ne sais pas si mon modèle d'affaires va encore tenir la route dans 5 ans. Et donc quand je suis face à mes actionnaires, je dois bien présenter les risques liés au scénario de l'inaction, i.e. attendre que cela passe, la tête dans le sable, parce que Trump est là…

J'ai commencé un Tour de France auprès du monde économique. Pour le lancement, j'étais à Angers, une centaine d'entreprises sont venues dans nos locaux pour cette rencontre, le Medef, les CCI locales et les clubs des ETI étaient présents et sont souvent là pour ce type d’événements. Et cette tendance, c'est le premier point marquant, les entreprises répondent présent. Je pense que c’est parce que la transition écologique se rapproche du cœur de stratégie des entreprises. Les dirigeants ont une décision complexe à prendre dans un environnement incertain : ils doivent répondre à cette question, comment je me positionne par rapport à la transition et par rapport au processus de décarbonation. En pratique, les entreprises peuvent avoir quelques délais pour raisons de trésorerie ou d’investissements tendus ; mais, pour l'instant, elles ne renoncent pas du tout à la transition écologique et au projet de transition écologique. Et ça, c'est un phénomène important !

C'est un rôle difficile, stratégique pour le dirigeant, de choisir l'effort que l'on met dans ces logiques de projet de transition écologique et de décarbonation.

Un point essentiel à prendre en compte dans l’analyse, beaucoup d'entreprises oublient un avantage concurrentiel incroyable qu'on a en France. Nous avons une électricité totalement décarbonée grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. J'échangeais avec un grand groupe industriel automobile à Mulhouse. Le patron du site me disait qu’on a beau être un seul groupe, quand on lance un projet au sein de la multinationale, il y a une concurrence entre les sites. Et en fait quand on lance un projet d'électrification d'une chaîne de production en France pour se décarboner, c'est 100% utile quand on passe du gaz à l'électricité, parce que l'électricité est 100% décarbonée. En Allemagne, c’est 75% utile et, sur le site polonais, c'est 50% utile parce que la moitié de l'électricité est encore carbonée. Cet avantage concurrentiel, beaucoup d'entreprises ne s'en servent pas. Cet avantage existe grâce au choix de politique énergétique de la France, au positionnement sur le nucléaire depuis des décennies. C'est un avantage concurrentiel dont il faut se saisir !

De manière générale, la question c'est comment construire un plan de décarbonation et comment le transformer en avantage concurrentiel.

Et c'est là où nos ingénieurs se sont dit il y a 5-6 ans qu’un jour, ce qui va compter sur le marché, ce ne sera pas seulement l'objectif qu'on se fixe, par exemple avec SBTi (est-ce que mon objectif est conforme aux accords de Paris ?), mais est-ce que mon plan de décarbonation est solide en termes d'analyse de la situation, en termes de gouvernance, d'implication de mes actionnaires pour ces financements, en termes de mobilisation de ces financements. Et c'est ça qui a donné la méthodologie ACT. Et nous sommes très contents que Fideas Capital, avec la SICAV Fideas ActForClimate ait été dans les précurseurs qui ont répondu présent pour choisir cette méthodologie et la mettre en œuvre avec des entreprises.
Cette méthodologie est là pour tous ceux qui, une fois qu’ils ont fait le choix stratégique de la décarbonation, souhaitent en faire un avantage concurrentiel. La rendre opposable dans un appel d'offre public auprès des grands donneurs d'ordre privés. La méthodologie ACT, c'est une façon de se dire, utilisons le plan de transition comme une arme de différenciation.

Et, finalement, ce sera complètement entré dans les mœurs le jour où quelqu'un se rendra compte qu'il a perdu un appel à projet face à un concurrent ou qu’il a gagné un appel à projet grâce à une affirmation simple : moi je suis 14-B-+ selon la méthodologie scientifique de l'ADEME.

Cette méthodologie a connu un coup d'accélérateur incroyable en octobre dernier, quand la Banque de France a regardé toutes les méthodologies qui existaient et a retenu ACT pour fonder ses propres indicateurs climat qui évalueront bientôt toutes les entreprises de France. Peu d’acteurs l’avaient vu venir...

Maintenant je planche avec le COMEX de la Banque postale et j'ai aussi rencontré le COMEX du Crédit Mutuel. Beaucoup de banques se disent que, finalement, c'est du sérieux si on a une méthodologie de référence que la Banque de France utilise. Peut-être que cela vaut le coup de s'y plonger, de former ses équipes, d'embarquer certains de ses clients dans cette approche-là, en tout cas de se positionner par rapport à ça. Et d'aller un cran plus loin pour expérimenter.

Une méthodologie compliquée qui s’ajoute à une réglementation lourde ? Bonne nouvelle, ces outils nouveaux utilisés dans ACT sont 100% compatibles avec la CSRD, donc tout effort qui est fait pour travailler sur un indicateur ou trouver une donnée sera 100% réutilisable pour la CSRD. Elle va être un peu allégée, mais demeure un effort significatif voire très lourd. La CSRD a une réelle utilité, et un tel reporting viendra, d'une façon ou autre, et tout ce qu'une entreprise fait aujourd'hui pour se plonger dans la méthodologie ACT et pour travailler sur son plan de décarbonation sera 100% réutilisable sur les indicateurs CSRD. Ainsi on optimise et on travaille sur des outils qui permettent de se différencier.

Pour conclure, je viens d’une audition au Sénat. Mon job de président, c'est aussi de défendre l'ADEME et d'expliquer ce qu'on fait sans relâche, d'expliquer notre action, notre activité, qu'on est un opérateur de l'État, qu'on est en expertise et en financement. Et en même temps, j’ai entamé ce Tour de France à la rencontre des entreprises et du monde économique.

L'objet du Tour de France aujourd'hui, c'est de présenter l'offre de l’ADEME au sens marketing du terme. L'offre de l'ADEME aux entreprises se différencie entre grands groupes, ETI et PME TPE. On a des relais partenaires quand on adresse les entreprises de taille plus petite, des méthodes, avec des outils, on a un outil, notamment numérique, qui s'appelle mission transition pour toutes ces entreprises qui s'interrogent sans avoir peut-être les connaissances requises. On a des partenariats avec les CCI locales, avec des partenaires de terrain. Et puis sur les ETI ou les entreprises comme les vôtres, on les suit évidemment en direct avec nos équipes régionales et notamment dans le cas de grands projets d'investissement avec les outils que l'État définit, notamment France 2030 sur des grands projets de décarbonation des grands projets d'hydrogène des grands projets d'innovation qui permettent d'être impactant sur la transition écologique.

Dans ces moments tumultueux, nous avons été très heureux que le Medef ait affirmé en commission d’enquête devant les sénateurs que l'ADEME a trouvé sa place dans les offres aux entreprises et son positionnement par rapport au monde économique. Pour nous, c'est précieux ! En tant qu'ancien ancien chef d'entreprise, je comprends la difficulté des décideurs aujourd'hui et l'enjeu auquel ils doivent faire face.

En résumé, ces paroles du Medef sont donc importantes et ce Tour de France, c'est une façon de dire que c'est à l’ADEME d'aller au contact du monde économique, pour partager la façon dont un chef d'entreprise qui prend le chemin de la transition écologique doit pouvoir compter sur nous à ses côtés en termes d'expertise et en termes de financement.

L'expertise, c'est un point majeur. Certains ont l'impression qu'on est un simple guichet de distribution. Ce n'est pas du tout le cas quand on signe un contrat de décarbonation avec une entreprise pour un montant important. On travaille avec nos ingénieurs et les vôtres sur les jalons et les projets qui vont être les plus efficaces en termes de décarbonation par euro investi. Quels sont les jalons de financement, comment on fait ? Le top du top a été le plus gros contrat qu'on a signé à 850M€ d'euros avec ArcelorMittal, qui défraie un peu la chronique en ce moment.

Ce sont des projets majeurs avec une ingénierie contractuelle et technique majeures. Personne mieux que vous ne connaissez vos processus d'entreprise, mais les femmes et les hommes de l'ADEME, les ingénieurs qui sont chez nous, ont vécu 5, 10, 20 projets de décarbonation. Ils ont un regard complémentaire qui peut apporter une expertise au-delà des moyens financiers que l'État met à notre disposition pour accompagner le monde économique.

C'est vous, le monde économique, les femmes et les hommes, qui êtes décideurs d'entreprise, qui avez la possibilité de vous saisir de la transition écologique et d'en faire un avantage concurrentiel. C'est comme ça, je crois, que la transition écologique pourra réussir.

 

Présentation des deux tables rondes

La première table ronde a abordé la transition comme un avantage concurrentiel, avec les représentants de 3 entreprises.

  • Guillaume Robin, président directeur général de Thermador Groupe dans lequel la SICAV Fideas ACT for Climate est actionnaire, et dont le métier est au cœur du débat de la transition.
  • Laurent Kraif, président et fondateur de Perfesco, qui a fait de la décarbonation son business model.
  • Pierre-Yves Burlot, directeur du développement durable du groupe Séché Environnement, société dans laquelle la SICAV est investie également, et qui nous démontrera comment l'économie bas carbone peut être rentable à l'aide d'un bon plan de transition. 

La seconde table ronde a traité du plan de transition, de sa définition et de ses enjeux stratégiques

  • Léo Génin, Directeur associé de I Care by Bearing Point, consultant qui accompagne notamment Thermador Groupe, traite de la construction d’un bon plan de transition
  • Jérôme Taraska, Head of Strategic Accounts, Capital Markets Carbon Disclosure Project (CDP), co-créateur de la méthode ACT, aborde la manière dont on reporte un plan de transition et les enjeux d’un bon reporting
  • Jean-Luc Romain, Analyste financier chez CIC Market Solutions, évoque la prise en compte des données de transition dans l’évaluation des entreprises cotées à travers l’exemple du secteur de l’énergie.

Vues de notre grand témoin

  • Vincent Puche, président d’Insti 7 et Conseil en Investissements financiers auprès des grands investisseurs, apporte son éclairage sur les échanges de la conférence.

Réactions à la première table ronde

Il y a un thème qui est revenu chez vous 3 qui est la notion de devoir économique, de rentabilité, notamment vis-à-vis de vos actionnaires, sujet qui me parle puisque j'ai le plaisir d'accompagner certains d’entre eux depuis pratiquement 30 ans sur ces sujets extra-financiers.

Par le passé, on avait pu noter une relative prudence de certains investisseurs actionnaires sur l'intégration de critères extra financiers dans leur politique de placement et de gestion des risques. Pourquoi cette prudence ? On avait des éléments qui étaient plutôt qualitatifs et la perception d’un risque de moindre performance. On a beaucoup d'investisseurs qui gèrent des groupes de protection sociale, des actions de prévoyance sans but lucratif, des mutuelles, des fondations qui ont des dotations non consomptibles. Il y a un besoin de rentabilité financière pour couvrir des engagements et pour revaloriser au mieux les prestations auprès des adhérents, des affiliés, des assurés ou des différents clients. Et donc un débat s'est noué il y a une quinzaine d'années avec beaucoup de nos clients sur l'extra-financier, avec une question : lorsque j'investis mon patrimoine, j'ai une fonction d'utilité qui est la rentabilité financière de ma rentabilité économique. Si j'intègre une fonction d'utilité supplémentaire autour de l’extra-financier, de la morale ou autre, je dois être prêt, le cas échéant, à pouvoir abandonner un peu de performance. J'ai bien dit le cas échéant, il y a beaucoup de travaux académiques sur le sujet dont les résultats sont extrêmement hétérogènes. Mais on était dans cette idée que face à cette possibilité de pouvoir lâcher de la performance, il y avait eu une certaine prudence sur ces enjeux.

Avec la prise en compte des enjeux climatiques, une bascule importante a eu lieu, avec la prise en compte des risques. Et il y a aujourd’hui une volonté encore plus affirmée d'intégrer les objectifs climatiques posés, notamment suite à l'accord de Paris. Cette bascule a eu lieu récemment. En 2015, l'autorité des marchés financiers, dans un de ses rapports annuels, parlait d'extra-financier et parlait de concepts polymorphes, évolutif et parfois difficile à appréhender. La bascule a donc eu lieu par la suite avec notamment les différentes COP et l'intégration de ce risque climatique que nous vivons tous les jours.

Et là, deux impacts chez nos différents clients vont corroborer ce qui a été dit.

  • Le premier, c'est que lorsque nos clients, qui investissent plus qu'ils ne placent, financent une transition, qu'elle soit économique, territoriale, technologique ou environnementale, on a cette idée qu’investir sur des thématiques environnementales, c'est aussi une source de valeur ajoutée, c'est de la création de valeur. En tant qu'investisseur, on contribue à cette création de valeur.

On a toutefois un sujet chez pas mal d'investisseurs : sur quelle typologie d'entreprises est-ce que j'intègre ces transitions dans mon portefeuille ? On a de plus en plus de gestion passive, on a des portefeuilles de grandes valeurs, on a des petites et moyennes valeurs cotées et des entreprises non cotées. Quand on a investi, on a un portefeuille actions et, quelque part, on cherche à se corréler au PIB, et tout mon PIB n'est pas dans le CAC 40. Donc quand je vais investir pour refléter les leviers de création de richesse sur une zone donnée, je dois pouvoir élargir mon investissement à la fois aux acteurs côtés de plus petite taille, small et mid, et au non coté.

Quand je veux favoriser la transition, certes on a les grands donneurs d'ordres, mais on a aussi les ETI et les PME. Il y a aussi la capacité à amener ses fournisseurs et sous-traitants à mettre en œuvre cette transition. Jusqu'où peut-on aller et quel enjeu auprès des PME qui sont aujourd'hui une partie importante dans le tissu économique qui ont pour leur part des besoins de BFR ? J'ai bien noté le travail que fait l’ADEME sur l'accompagnement d'entités qui ont besoin de financer leur BFR, mais jusqu'où peut peut-on aller en termes de financement ou d'aide à la transition des PME ? On parlait de marché public, moi qui gère une PME d’une petite trentaine de collaborateurs, je ne peux pas avoir les mêmes réponses qu'une ETI comme vous sur des sujets de transition, donc il y a un vrai besoin d'accompagnement, quels que soient les acteurs.

  • Un deuxième point, les réglementations ont évolué, et on a de plus en plus d'approches par les risques.

Quand on me demande ce que feront les marchés cette année ou l'année prochaine, je ne sais pas. Par contre, on peut commencer à appréhender des risques, donc des approches par le risque se généralisent et ce que l'on observe, c'est que de plus en plus d'investisseurs dans leur politique de placement et de gestion des risques financiers et extra financiers vont intégrer ces risques de transition, des risques physiques que l'on commence à mesurer et des risques autres, qu'ils soient d'images, voire juridiques.

Donc il y a un gros travail qui est mené sur les risques et on a besoin d'indicateurs de mesures, notamment grâce au plan de transition qu'on évoquera tout à l'heure dans le cadre de ce déploiement de politique de placement et de gestion des risques financiers et non financiers.

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